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LMNP en 2026 à Aix-en-Provence : micro-BIC ou régime réel, que choisir ?

Le statut LMNP en 2026 : ce qui a changé et pourquoi c’est important

Le Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) reste, en 2026, l’un des statuts fiscaux les plus utilisés par les propriétaires qui louent un bien meublé en courte ou en longue durée à Aix-en-Provence. Sa popularité tient à sa relative simplicité et aux avantages fiscaux qu’il offre.

Mais la loi de finances pour 2025 et la loi Le Meur du 19 novembre 2024 ont profondément modifié les conditions de ce statut. Les propriétaires qui n’ont pas mis à jour leur stratégie fiscale risquent de payer davantage d’impôts que nécessaire, ou de se retrouver dans un régime inadapté à leur situation.

Ce guide explique les règles en vigueur en 2026, les conditions pour bénéficier du statut LMNP, et comment choisir entre le micro-BIC et le régime réel selon votre profil.

Qui peut bénéficier du statut LMNP ?

Le statut LMNP s’applique aux personnes physiques qui louent un ou plusieurs logements meublés, à condition que cette activité reste non professionnelle. Deux critères permettent de déterminer si vous restez en LMNP ou si vous basculez en LMP (Loueur Meublé Professionnel) :

  • Vos recettes locatives annuelles ne dépassent pas 23 000 euros, ou
  • Vos recettes locatives représentent moins de 50 % de vos revenus professionnels totaux du foyer fiscal

Si vous respectez l’une de ces deux conditions, vous relevez du LMNP. Dans le cas contraire, le statut LMP s’applique, avec des règles fiscales et sociales différentes.

En pratique, la grande majorité des propriétaires qui louent un appartement ou une maison à Aix-en-Provence sur Airbnb ou en location longue durée restent sous le seuil du LMNP. Le statut s’applique dès le premier euro de recettes locatives provenant d’un logement meublé, sans démarche particulière pour l’obtenir, mais il implique l’obtention d’un numéro SIRET via une déclaration auprès du Guichet des formalités des entreprises (anciennement CFE).

Les deux régimes d’imposition disponibles

En LMNP, vous avez le choix entre deux modalités d’imposition de vos revenus locatifs : le régime micro-BIC et le régime réel. Ce choix a des conséquences directes sur le montant de vos impôts et sur vos obligations déclaratives.

Le micro-BIC : simple, mais moins avantageux depuis 2025

Le régime micro-BIC s’applique automatiquement si vos recettes locatives annuelles restent sous le plafond applicable à votre type de logement. Il consiste à appliquer un abattement forfaitaire sur vos recettes, avant imposition au taux marginal de l’impôt sur le revenu, augmenté des prélèvements sociaux (17,2 %).

Depuis la loi de finances pour 2025, les conditions du micro-BIC ont été significativement durcies pour les meublés non classés :

Type de logementPlafond de recettesAbattement forfaitaire
Meublé non classé15 000 euros/an30 %
Meublé classé / chambre d’hôtes77 700 euros/an50 %

Avant la réforme, un meublé non classé bénéficiait d’un abattement de 50 % sur des recettes jusqu’à 77 700 euros. L’alignement sur le régime de la location nue (qui applique 30 % d’abattement en micro-foncier) marque une rupture importante avec la politique fiscale favorable à la location meublée des années précédentes.

Un exemple concret. Un propriétaire aixois générant 14 000 euros de recettes annuelles avec un appartement non classé bénéficiait jusqu’en 2024 d’un abattement de 7 000 euros (50 %), laissant une base imposable de 7 000 euros. Depuis 2025, l’abattement est de 4 200 euros (30 %), laissant une base de 9 800 euros. L’écart de 2 800 euros de base imposable supplémentaire représente, selon la tranche marginale du propriétaire, entre 840 et 1 680 euros d’impôt supplémentaire par an.

Le régime réel : plus complexe, mais souvent plus avantageux

Le régime réel permet de déduire les charges réelles supportées pour l’exploitation du bien, au lieu d’appliquer un abattement forfaitaire. Ces charges comprennent notamment :

  • Les intérêts d’emprunt et frais de dossier liés au financement du bien
  • Les charges de copropriété (quote-part déductible)
  • Les frais de gestion (honoraires de conciergerie ou de gestion locative)
  • Les assurances (propriétaire non occupant, garantie loyers impayés)
  • Les travaux d’entretien et de réparation
  • L’amortissement comptable du bien et du mobilier

L’amortissement est l’un des mécanismes les plus puissants du régime réel en LMNP : il permet de déduire chaque année une fraction de la valeur du bien immobilier et du mobilier, sans que cette déduction corresponde à une sortie de trésorerie réelle. Sur un bien bien amortissable à Aix-en-Provence, l’amortissement seul peut suffire à ramener la base imposable à zéro pendant de nombreuses années.

Le régime réel implique le dépôt d’une liasse fiscale annuelle (formulaire 2031 et ses annexes), et nécessite généralement de faire appel à un expert-comptable spécialisé en LMNP. Le coût de cette prestation varie généralement entre 400 et 800 euros par an selon la complexité du dossier.

La réintégration des amortissements lors de la revente : un point à ne pas ignorer

La loi de finances pour 2025 a introduit une modification importante pour les propriétaires au régime réel qui envisagent de vendre leur bien : les amortissements déduits pendant la période de location sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable au moment de la cession.

Concrètement, si vous avez déduit 60 000 euros d’amortissements sur dix ans, ces 60 000 euros viennent augmenter la base de calcul de votre plus-value. Selon la durée de détention et l’abattement applicable, cela peut se traduire par une imposition significative à la revente, même si le bien a été détenu longtemps.

Ce point mérite une attention particulière pour les investisseurs qui achètent à Aix-en-Provence dans une logique de valorisation à moyen terme. L’avantage fiscal du régime réel pendant la période de détention doit être mis en regard du coût fiscal potentiel à la revente. C’est une analyse à conduire avec votre comptable avant de choisir votre régime.

Le classement meublé de tourisme : pourquoi ça change tout

La différence de traitement entre un meublé classé (50 % d’abattement, plafond 77 700 euros) et un meublé non classé (30 %, plafond 15 000 euros) est désormais considérable. Sur des recettes annuelles de 12 000 euros, l’écart de base imposable est de 2 400 euros, soit plusieurs centaines d’euros d’impôt en plus chaque année.

Le classement en meublé de tourisme s’obtient auprès d’un organisme accrédité par Atout France. Il est attribué pour une durée de cinq ans et varie de 1 à 5 étoiles selon un référentiel national. La procédure prend en moyenne quatre à six semaines à partir de la visite de contrôle.

Pour être classé, le logement doit répondre à un certain nombre de critères portant sur la surface, l’équipement, la literie, la cuisine et les services proposés. La plupart des logements correctement équipés à Aix-en-Provence peuvent prétendre à un classement 2 ou 3 étoiles sans investissement majeur.

Le classement ne présente que des avantages pour un propriétaire au micro-BIC : il permet de récupérer les 20 points d’abattement perdus avec la réforme, d’augmenter le plafond de recettes éligibles au micro-BIC de 15 000 à 77 700 euros, et valorise le bien auprès des voyageurs sur les plateformes.

Comment choisir en pratique

Le choix entre micro-BIC et régime réel dépend de plusieurs facteurs : le niveau de vos recettes, l’existence ou non d’un emprunt en cours, les charges réelles que vous supportez, et votre horizon de détention.

Quelques repères utiles, sans valeur d’engagement fiscal :

Si vos recettes annuelles sont inférieures à 8 000 euros et que votre bien est peu chargé (pas d’emprunt, peu de travaux), le micro-BIC, à condition d’avoir fait classer le logement pour bénéficier de l’abattement à 50 %, peut suffire. La simplicité déclarative est réelle.

Si vos recettes se situent entre 8 000 et 15 000 euros, le classement meublé de tourisme est généralement la première démarche à engager. En maintenant l’abattement à 50 %, vous restez dans un régime favorable sans avoir à tenir de comptabilité dédiée.

Au-delà de 15 000 euros de recettes annuelles, le passage au régime réel mérite une analyse sérieuse, d’autant plus si votre bien est financé à crédit. Les charges déductibles et les amortissements permettent souvent de neutraliser une grande partie de la base imposable. Un expert-comptable spécialisé en LMNP peut simuler les deux scénarios à partir de vos données réelles.

Si vous avez réalisé des travaux importants, rénovation, mise aux normes énergétiques, changement des équipements, ces dépenses sont déductibles au régime réel. Elles peuvent justifier à elles seules d’opter pour ce régime sur l’exercice en cours.

L’obtention du numéro SIRET : une démarche souvent oubliée

Louer en meublé, même une seule nuit par an, constitue une activité commerciale au sens fiscal. Cela implique de s’immatriculer en tant que loueur meublé et d’obtenir un numéro SIRET, via le Guichet des formalités des entreprises (guichet-entreprises.fr).

Cette démarche est gratuite. Elle conditionne le bon enregistrement de vos déclarations fiscales et permet de relier votre activité LMNP à votre déclaration d’impôts sur le revenu. L’absence de SIRET peut entraîner des difficultés lors du dépôt du formulaire 2031 ou lors d’un contrôle.


La fiscalité du LMNP est un domaine qui évolue rapidement, et les décisions prises une année peuvent avoir des conséquences plusieurs années plus tard. Le Mazarin travaille avec des experts-comptables partenaires spécialisés en location meublée à Aix-en-Provence, et peut vous mettre en relation si vous souhaitez un avis personnalisé. Contactez-nous.

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